• HISTOIRE D UNE PHOTO

    rats

     

     

                Même si le rat est un animal commun, le voir reste relativement rare, le photographier encore plus difficile, et faire un cliché original relève du challenge.

                Comment dès lors, suis-je arrivé à réaliser cette photo ?

                J’ai en fait la chance de posséder un grand jardin. Devant, un bois. Derrière, un champ.

    Situé en région campagnarde, la faune y est abondante, et il n’est pas rare de voir, par exemple, des chevreuils traverser la parcelle. Depuis quelques années déjà, dans un souci de réduire la masse des déchets ménagers, tous les produits dégradables sont déposés dans un coin, afin de nourrir la faune. Si les légumes, destinés aux chevreuils ne semblent guère avoir de succès, par contre, certains déchets organiques (viande…) étaient soigneusement emportés, et le site plus soigneusement nettoyé qu’au lave-vaisselle. J’ai soupçonné un renard, un chat du voisinage, ou peut-être une fouine. Mais un jour, en allant déposer la manne, je me suis aperçu que les coupables étaient des rats ! Avant de les éliminer, je me suis dit : voilà une bonne occasion de compléter ma photothèque.

                J’ai donc construit un affût, sous forme d’un gros tas de bûches (rats 3), cela tombait bien, on venait de nettoyer le talus en bord de route, peuplé d’arbres menaçant de tomber.

                Un espace entre 2 bûches, une bouteille, non pas pour passer le temps, mais pour habituer les animaux à la présence de l’objectif.

                Nourrir ensuite, et s’installer. Pas besoin d’attendre fort longtemps. Une fois le calme revenu, les petites têtes se pointent et se mettent à table.

                Et voilà les premières photos ( rats 2). Ceci dit, un rat en train de dévorer de la tarte ou du chou-fleur, c’est peut-être intéressant sur le plan didactique, mais sur le plan esthétique, ce n’est pas terrible.

                J’ai donc recherché l’idée d’un cadre plus intéressant. Dans les chutes de coupes d’arbre, il y avait une section avec un tronc creux. Voilà qui est déjà mieux.

    Le décor planté, il fallait ensuite trouver le moyen de les y faire passer.

    En fait, les rats se gîtaient dans un gros tas de branches. J’ai donc déposé le tronc contre le tas, et ensuite disposé la nourriture juste devant. Le tronc formait un espèce de tunnel dans lequel ils se sentaient à l’abri avant de sortir de leur remise. Une fois les rats habitués à venir picorer la nourriture à la sortie du tronc, j’ai progressivement « nourri » de plus en plus loin de l’orifice afin que la nourriture ne soit pas visible sur la photo.

    Il ne restait plus qu’à attendre les conditions idéales : que je trouve le temps d’affûter, que la lumière soit présente, et le vent favorable.

    Cela peut paraître facile, mais entre le moment ou j’ai observé les rats pour la première fois, et celui ou j’ai pris le cliché, il s’est écoulé… plusieurs mois.

    Comme quoi, la photographie animalière est avant tout une école de patience……..

     

    Epilogue : rassurez-vous, je n’avais pas l’intention d’entreprendre un élevage de rats. Une fois les clichés réalisés, les mesures de dératisation ont été ingratement prises…

    rats-2
    affut-rats