• PHOTOGRAPHIER LES NIDS DE PIC EPEICHE.

                Voilà un sujet facile. L’oiseau est courant, et surtout, les nids faciles à trouver ! En effet, lorsque les jeunes ont éclos, leur pépiement caractéristique s’entend à cent mètres de distance.  La meilleure période est le mois de juin. Un dimanche matin, rien qu’en effectuant mon jogging dominical, j’en ai trouvé 3, uniquement à l’ouïe. Un autre jour, je m’étais affûté au bord d’un gagnage, espérant voir des cerfs en velours, mais à peine installé, j’ai entendu le bruit caractéristique des jeunes appelants, dans un arbre mort, à quelque distance. Tant pis, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, j’ai déplacé l’affût et passé ma matinée devant le nid.

               

    En fait la vraie difficulté consiste à trouver un nid « bien mis ». En effet, bien souvent soit ils sont trop hauts, soit l’entrée est à l’ombre. Quoique cela puisse dépendre du moment de la journée : un nid à l’ombre le matin peut parfois très bien bénéficier d’un bel ensoleillement  l’après midi (ou l’inverse), et il peut aussi arriver qu’il ne soit éclairé que pendant un laps de temps très bref, en fonction de la direction des rayons du soleil dans le feuillage.

                Pas de nécessité de construire un affût longtemps à l’avance. Il suffit d’observer à quelque distance, d’attendre que les parents soient tous les deux partis à la recherche de nourriture, et de monter rapidement un affût : tente dépliable, ou trépied, objectif et photographe recouverts d’une toile de camouflage. Le rythme de nourrissage est rapide : environ toutes les 5 à 10 minutes.

                En outre, les parents annoncent leur arrivée par des cris aigus brefs et répétés, très caractéristiques.

    Cela vous permet d’être prêt, doigt sur le déclencheur, en mode rafale. Cela va en effet très vite : l’oiseau se pose sur le tronc, souvent de l’autre côté du trou, alerte, inspecte une dernière fois l’entourage afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de danger avant de se mettre la tête dans le trou et d’enfourner ensuite la becquée à ses jeunes. Le mouvement est extrêmement rapide, et par conséquent les déchets de clichés considérables ! Heureusement, en numérique, il n’y a quasiment aucune limite, tandis que du temps de l’argentique, après deux ou trois bobines, on avait tendance à se dire « bon,  cela suffit comme cela », sans compter qu’il pouvait arriver que le film se termine juste au moment ou l’oiseau avait une attitude intéressante. Sans compter que vous pouvez visualiser directement vos clichés le soir, ce qui vous permettra, en cas d’insatisfaction, de refaire une séance d’affût le lendemain (si vous avez le temps), tandis qu’en argentique, il fallait attendre que les clichés soient développés, et, si c’était raté, le temps de retourner, bien souvent les jeunes s’étaient envolés ! et cela pouvait être reparti pour un an…

     

    Note « technique » : les deux parents creusent une loge dans un arbre à 3-4 m de hauteur. La femelle (évidemment) pond 4 à 7 œufs blanc brillant. L’incubation, commencée par la femelle, relayée par le mâle, dure 2 semaines. Les jeunes sont nourris par les deux parents et quittent le nid à 3 semaines.

     

    Site web : http://www.jljorionfaunesauvage.be

    BLOG: http://faunesauvage.skynetblogs.be/

     

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