• A TRAVERS CHAMPS.

     

    Le sujet de l’article sera ici la photographie dans les champs. Non pas le milieu agricole au sens large, constitué en majorité de pâtures, mais des grandes étendues d’agriculture industrielle : champs de betteraves, de froment, de maïs, de lin,….

    Contrairement à la photographie en forêt, ou les animaux (cerfs, chevreuils, sangliers) sont de taille plus importante, et le milieu plus fermé, les grandes étendues agricoles se caractérisent par leur immensité et la plus petite taille de leur habitants : lièvres, perdrix, lapins, faisans.

    Ils seront donc toujours plus loin, par conséquent plus difficiles à photographier.

    Ici, pas de mirador, pas de coupe-feu, pas de mise à blanc.

    Bien sûr, il est toujours possible de faire un affût à partir d’une haie (encore faut-il qu’il y en ait), mais la probabilité qu’un couple de lièvre vienne bouquiner sous votre objectif, à bonne portée, est minime.

    Donc, préférence à l’affût à roulettes : votre véhicule. Bien sûr, un 4x4 est préférable, si l’on veut s’enfoncer un peu dans les champs en empruntant les chemins de terre.

    Ceci dit, en utilisant les chemins de remembrement asphaltés, il  y a toujours possibilité de réaliser de belles observations.

    De plus, l’usage d’un véhicule permet, en fait des distances parcourues, d’augmenter les chances de rencontre.

    Rouler pas trop vite l’œil aux aguets, en étant attentif au moindre détail : vous pouvez très bien passer à quelques mètres d’un lièvre gîté sans l’apercevoir.

    Repérer les indices : un lièvre qui ne semble pas vouloir s’en aller, qui tourne ou qui se fait houspiller par une corneille, il ya peut-être des levreaux cachés dans les mottes.

    Ceci dit, terrain découvert ne signifie pas toujours observation facile : encore faut-il qu’il y ait des choses à voir et vous je ne vous apprendrai rien en disant que l’agriculture moderne n’est pas très favorable à la petite faune sauvage. Une chasse bien tenue, bien gérée, avec des aménagements offrira plus de chances d’observation.

    Le printemps est la meilleure période: pas de végétation gênante, la nature est en éveil et les animaux sortis de leur léthargie hivernale sont actifs : bouquinage des lièvres, formation des couples de perdrix, combats de coqs.

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    En été, la végétation est à son degré de croissance maximale, l’observation devient plus difficile : à part les oreilles des chevreuils qui dépassent des froments, peu de choses à voir.

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    Lorsque les champs de froment sont récoltés, la faune a tendance à se réfugier dans les champs de betteraves.

    En automne, cela redevient plus favorable : les champs de betteraves récoltés attirent lièvres et chevreuils qui se délectent des feuilles hachées, ou alors dans les moutardes 

    cherchez l’intrus!

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    En hiver, pas de végétation, la plaine semble morte et vide, même si la vie est bien présente, elle se dissimule soigneusement, et n’est généralement active que de nuit.

    Bien sûr, quand il y a de la neige et du soleil, on rêve toujours d’un lièvre dans une lumière somptueuse, mais les observations sont rarissimes.

     

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    Pour en savoir plus : lire mon livre « Agriculture et Faune Sauvage » (pub gratuite…)

     

  • Photographier le cerf en hiver.

    Il est actuellement devenu largement acquis qu’une gestion optimale du cerf passe par un suivi sous forme de photographies et collecte des mues.

    L’animal, quoique certains en disent, reste  sauvage et mystérieux, et il est indispensable de réunir un maximum de données si l’on souhaite établir un fichier, l’objectif étant d’arriver à un vieillissement du cerf.  L’intérêt de l’espèce (pyramide des âges et par conséquent bien –être social) rejoint celui du chasseur (un trophée récolté à maturité).

    Les périodes les plus favorables pour l’observation du cerf par corps et  son suivi photographique sont , bien entendu le brame et l’été (entre le 15 juin et le 15 juillet : pendant la période de repousse ils sont discrets et non identifiables, et après le 15 juillet, la pression touristique et l’abondance de nourriture les rendent extrêmement discrets).  En période de chasse, hormis l’un ou l’autre cliché pris à la volée en battue, inutile d’y penser.

    Le principe légitime de circulation du cerf étant acquis, les individus vont d’un quartier à l’autre (hormis quelques cerfs  sédentaires,  je ne vois pas les mêmes au brame, en été, ou en hiver), il convient de multiplier les occasions d’enrichir l’iconographie du massif.

    L’hiver est une opportunité, pour autant bien entendu, qu’il y ait nourrissage hivernal.

    Les territoires qui ont supprimé le  nourrissage hivernal s’amputent donc inutilement, et à mon avis erronément  d’une très importante source de renseignements.

    Attention : nourrissage hivernal ne signifie pas photographie facile ! Contrairement au cliché (sans jeu de mots ) simple de l’animal soi-disant apprivoisé, le cerf garde son caractère farouche et méfiant et ne se rend au point de nourrissage que contraint et forcé par la faim et non pas par gourmandise ou facilité.

    Il suffit d’observer leur approche prudente, les retours en arrière, les détours, les fuites parfois inexpliquées pour se rendre compte de l’impérative nécessité vitale de pouvoir avoir accès à une alimentation élémentaire.

    Il y a donc lieu, en parfaite coordination avec le garde, de s’installer au point d’observation bien à l’avance, avant l’arrivée des animaux, à bon vent cela s’entend, d’être parfaitement camouflé, de rester immobile et silencieux pendant la période d’observation, et de ne quitter le poste qu’une fois les animaux partis, quitte à faire revenir le garde pour vous « repêcher », si l’on ne veut pas trahir sa présence et être source de dérangement dans cette période délicate.

    Cela n’a non plus rien d’automatique, et  j’ai ainsi souvenir de multiples séances d’affût vaines,  sans que  le moindre animal ne montre son museau, et  il s’en est fallu à plusieurs reprises de peu pour que l’on me retrouve congelé au poste !

    Mais, par contre,  si la  séance est fructueuse, quel bonheur ! Rentrer dans la vie sociale du cerf, réaliser un fichage photographique hautement rentable, pouvoir identifier des cerfs inconnus, avoir l’occasion de documenter des  attitudes comportementales : une source de renseignements  et une mine d’or pour le scientifique éthologiste, largement supérieure, à mon avis aux renseignements chèrement acquis par la pose de colliers GPS….

    De la même façon, les observations relevées à cette occasion, de même que celles du garde, quotidiennement présent sur le terrain fournissent des renseignements sur les déplacements non pas d’un seul cerf, marqué par collier GPS, mais de dizaines d’individus, et ce à titre absolument gracieux !

     

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