• LE PEUPLE DES SAPINS

     

     

    Enfant chéri des sylviculteurs, honni des environnementalistes, l’épicéa symbolise pour le grand public la perte de biodiversité de la forêt : le cycle grandes mises à blanc étoc- girobroyage- plantation en rangs d’oignon s’apparentant plus à de l’agriculture que de la sylviculture, absence de croissance dans le sous-étage, acidification des sols, assèchement des zones humides, monotonie paysagère, autant de reproches et d’accusations contre cette espèce qui mérite cependant une place dans la nature.

    Loin de moi de faire ici l’apologie des grandes monocultures, mais de montrer que l’épicéa trouve malgré tout sa place dans la biodiversité.

    En ce qui concerne les cervidés, il est certain que les grandes plantations d’épicéa ont contribué à son expansion  (situation paradoxale pour le sylviculteur): s’il ne constitue guère une nourriture appétente pour  ces herbivores, et que leur impact se fait surtout en matière de dégâts d’écorçage, il y trouve, à défaut du couvert, un gîte qui lui assure tranquillité vis-à-vis du dérangement et un abri contre les intempéries.

    Par ailleurs, les pessières abritent toute une faune spécifique des conifères :

    mammifères : outre les cervidés et sangliers, micromammifères, écureuils, martre (des pins !)

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    les environnementalistes accusent le cerf d'être reponsable de la perte de la biodiversité.

    mais n'en est il pas plutot une victime?

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     oiseaux : casse-noix moucheté, roitelet, bec-croisé (des sapins !), chouette de Tengmalm,

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    casse-noix moucheté,

     

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    roitelet,

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    bec-croisé (des sapins !),

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    chouette de Tengmalm

     insectes : longicornes, hyménoptères … qui font le bonheur de la bondrée apivore.

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     bondrée apivore.

    champignons : chanterelles, cèpes, bolets, pieds bleus.

    Egalement, sur le plan paysager, l’épicéa trouve sa place.  Je ne parle évidemment pas ici des grandes étendues  monotones à perte de vue, mais en automne des damiers contrastés d’ilots verts alternant avec  l’or des feuillus, et  des taches vertes  parsemant les étendues beiges des fagnes.

    Enfin l’image d’Epinal du sapin reste symbolique de l’Ardenne et quoi de plus romantique qu’un tableau représentant un sapin isolé dans une fagne ou le long d’un chemin creux rempli d’eau, et  qui a  inspiré de nombreux artistes : Benjamin Gourmet , Lucien Hock, Modeste-Jean Lhomme, Paul Lepage, Joseph Bontemps, Luc Faisant (le chemin forestier dans la pessière), Jean Williquet, et bien d’autres.. .

    JLJorion

    Site web : http://www.jljorionfaunesauvage.be

    BLOG: http://faunesauvage.skynetblogs.be/

  • « AFFUT A ROULETTES »

     

     

    C'est-à-dire votre véhicule.

    Voilà une façon peut-être un peu paresseuse, mais néanmoins assez rentable de réaliser des clichés.

    Les animaux seront moins effrayés par un véhicule que par un homme passant à pied.

    La raison exacte reste cependant un mystère : est-ce que parce que l’homme en véhicule est moins associé à la notion de danger, étant donné qu’il s’agit habituellement soit de bûcherons, soit de gardes-chasse, ou de promeneurs ? Quelle est la perception de l’animal par rapport à un homme dans un véhicule ?

    Comprend-il qu’il s’agit d’un homme à l’intérieur, ou d’une simple association ? Après tout, lorsque les Aztèques ont vu débarquer les soldats Espagnols à cheval, au début, ils croyaient que c’étaient un être unique capable de se couper en deux….

    Avantages : confort, surtout en cas de pluie, ou de très grand froid, pas vraiment de problème d’odeur,  trajet plus important parcouru, ce qui augmente les chances de rencontre, et, moindre méfiance des animaux par rapport à un homme se déplaçant à pied. Enfin, cela dépend… Inconvénients : manque de charme, contact moins étroit avec la nature, risque accru de clichés d’animaux inquiets, voire en fuite, sans comportements naturels.

    Ceci dit, il y a quand même une « technique » si l’on souhaite faire des photos à partir d’un véhicule. Ce qui effraye le plus les animaux, c’est l’effet de surprise. Le langage du chasseur est l’approche en silence. Même si le vététiste est persuadé que sa pratique le rapproche plus de la nature que le motard, un animal sera plus effrayé par un vélo apparaissant subitement et qu’il n’a pas entendu venir, que par une moto tout-terrain dont le bruit du moteur se rapproche de celui d’une tronçonneuse. Il sait qu’il n’a rien à craindre du bûcheron et il est tout à fait courant de voir une harde viander tranquillement à peu de distance de travaux forestiers.

    Le véhicule du garde, qu’ils voient passer quotidiennement, dont ils reconnaissent à distance le bruit du moteur, est certainement celui qui les effrayera le moins.

    Il faut donc rouler lentement (l’idéal est même un tracteur !), de façon à ce qu’ils vous entendent venir, à un rythme régulier, et éviter les coups d’accélérateur. Si les animaux montrent des signes d’inquiétude et s’enfuient, inutile d’essayer de les poursuivre : votre tentative, dérangeante, sera de toute manière vouée à l’échec.

     

    Surtout, ne pas faire marche arrière, la fuite sera assurée. Une fois arrivé à hauteur des animaux, si ceux-ci sont calmes, pas de mouvement brusque. Stopper le moteur (les plus rusés enclencheront d’abord une cassette avec le bruit du moteur enregistré pour diminuer leur inquiétude), poser ensuite délicatement le téléobjectif sur le rebord de la fenêtre, idéalement stabilisé par un sac de calage. Et respecter leur décision : pause ou fuite !

    Le sac de calage : un simple sac de tissu (que vous trouverez dans les boîtes à chaussures de votre épouse), rempli de grains de riz (2 kilos). Le téléobjectif posé sur le sac sera nettement plus stable que sur le rebord de la fenêtre. Du côté passager, n’ayant pas le bras assez long, j’ai bricolé une planche  reposant sur le tableau de bord.

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    JLJorion

     

     

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