• GRANDEUR ET DECADENCE : PERTE ET REPOUSSE DES BOIS CHEZ LES CERVIDES

     

     

    Le cycle de perte et de repousse des bois chez le cervidé, phénomène unique dans le monde animal, ne cesse de fasciner les hommes.

     

    Le chasseur, chaque « nouvelle tête » étant susceptible de produire des bois plus hauts, plus lourds, plus forts, porteur de l’espérance de récolter un trophée digne de celui qui l’aura prélevé.

     

    Le scientifique, impatient de comprendre ce mécanisme mystérieux, porteur d’espérance pour une révolution dans la médecine, à savoir pouvoir remplacer des organes manquants ou déficients.

     

    Cette dépense d’énergie invraisemblable (un cerf de 200 kg étant capable de produire 30 kg de matière osseuse en 3 mois) a-t-elle un fondement biologique ou s’agit-il d’une folie, d’un luxe inutile que s’offre la nature ?

     

    Si l’on étudie objectivement le phénomène, quelle est son utilité réelle pour le cervidé ?

     

    Produire chaque année des bois plus puissants qui lui assureront une place prédominante dans la hiérarchie sociale et l’accès à la reproduction ?

     

    Les animaux porteurs de cornes s’assurent le même avantage par une production continue, épargnant ainsi ce « gaspillage énergétique ».

     

    Et après tout, les bois sont ils indispensables pour s’assurer une place dominante ?

     

    Le cerf a-t-il des bois pour s’affirmer au combat ou s’en sert-il simplement parce qu’il en a ?

     

    Les animaux dépourvus de ces apophyses crâniales (les chevaux par exemple) arrivent bien à se débrouiller sans cela!

     

    Le scientifique s’acharne à essayer de décrypter ce mécanisme mystérieux porteur d’espérance en médecine. Arriver à faire repousser une jambe coupée, le graal du médecin !

     

    Mais cela n’est pas si simple.

     

    Premièrement, la repousse aussi rapide d’un bois de cervidé s’apparente plus, par sa vitesse, son caractère plus ou moins anarchique (sa forme n’a rien de logique) et à son inutilité fonctionnelle (les biches vivent tout aussi bien et se reproduisent) au développement d’une tumeur maligne, d’un cancer, dont il se débarrasserait chaque année, qu’au remplacement d’un organe perdu. Une patte coupée d’un cerf ne repoussera pas (contrairement à la queue d’un lézard).

     

    Deuxièmement, le mécanisme exact de ce qui induit la repousse reste encore largement méconnu, et ce malgré de très nombreuses études scientifiques menées par d’éminents spécialistes.

     

    Cela est entre autres la conséquence du fait qu’ils ne sont actuellement capables d’étudier que certains paramètres (dosages hormonaux).

     

    En réalité, la biochimie de l’être vivant résulte d’un équilibre précis et délicat entre différentes molécules dont certaines sont connues, d’autres pas, fabriquées par l’être en question, et soumises aux influences extérieures (climat, nourriture, photopériodes).

     

    Pour donner un exemple, en pathologie humaine, il existe un type particulier de tumeur testiculaire, dite à cellules de Leydig, se caractérisant par une production hormonale anormale.

     

    Or, si c’est un enfant (par définition pré pubère) qui développe cette tumeur, celle-ci engendra une virilisation (puberté précoce). Par contre, si c’est un adulte, elle produira une féminisation (gynécomastie, soit apparition de seins).


     

     

    Comment expliquer qu’une tumeur produisant les mêmes hormones engendrera une conséquence aussi contradictoire ? Simplement par le fait qu’elle induit un déséquilibre dans le dosage précis des hormones en question et que c’est précisément cette perturbation qui fera que l’organisme basculera d’un côté ou de l’autre.

     

     

     

    Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cervidés.

     

    De nouveau, les tenants et aboutissants et  le mécanisme exact n’est pas encore élucidé.

     

    Il y a cependant certaines choses que l’on sait.

     

    Chez les cervidés, la production de testostérone suit un cycle annuel.

     

     

     

     

     

     

    Le taux de testostérone est maximal en période de reproduction, diminue progressivement, pour atteindre un taux minimal en fin d’hiver et ré augmente en été.

     

    Chaque mâle fait donc chaque année une andropause et une puberté.

     

    La perte des bois est induite par la baisse de testostérone.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Induite, et non pas synchrone, car progressive. Par contre, une castration précoce entraîne immédiatement la chute des bois.

     

    Inversement,  l’administration d’androgènes exogènes à ce moment empêchera la chute de bois.

     

    Des dosages hormonaux quotidiens ont montré, que, contrairement à une idée souvent admise, il n’y a pas d’évidence d’un pic transitoire de testostérone causant la chute des bois : la testostérone descendant uniformément les 11 semaines précédant la perte.

     

    Une fois les pivots cicatrisés, la repousse des bois commence, alors que le taux de testostérone est encore bas.

     

     

     

     

     

     

    Le cerf peut être considéré comme fonctionnellement castré pendant le début de la repousse.

     

    Des expériences sur des animaux castrés ont montré que la repousse se produisait, et ce du fait d’un faible taux de testostérone persistant : en effet l’hormone est sécrétée à 90% par les testicules, et 10% par les glandes surrénales.

     

    Ces 10% restant sont suffisants et nécessaires pour que la repousse se produise.

     

    Par contre, si l’on administre à ces cerfs castrés un anti-androgène (c’est-à-dire une molécule bloquant l’action des androgènes surrénaliens, donc absence complète de testostérone), la repousse ne se produira pas.

     

     

     

     

     

     

    Mais point trop n’en faut : l’administration de testostérone exogène pendant la repousse induit la minéralisation prématurée chez le cerf normal et la perte des velours chez les castrés

     

     

     

     

     

    Un faible taux de testostérone est donc indispensable à l’initiation de ce processus, jouant un rôle « permissif », alors qu’un taux élevé artificiel à ce moment le bloquera.

     

    Le renne est le seul cervidé dont la femelle porte des bois. Pour quelle raison, cela on l’ignore, mais par contre, comment cela est possible, par contre, on le sait: toutes les femelles des mammifères ont une certaine quantité de testostérone dans le sang (à faible dose, bien entendu), de la même façon que les mâles ont, eux aussi, des œstrogènes.

     

    Elles peuvent donc aussi développer des bois.

     

    Par contre, comme elles ne font pas d’andropause après la période de reproduction, elles perdent leurs bois plus tard, à savoir en février-mars contre novembre-décembre pour les mâles.

     

    Il est vraisemblablement que les femelles des autres cervidés n’ont pas de bois pour du fait que le taux minimal de testostérone requis n’est pas suffisant.

     

     

     

    Revenons au cerf : le taux de testostérone reste faible pendant le processus de repousse, et ne commence à augmenter en été.  A ce moment, le taux de testostérone élevé entraîne l’arrêt de la croissance des bois, qui se minéralisent et les velours sont dépouillés.

     

     

     

     

     

     

     

     


    Ce qui explique que les cerfs castrés ont des bois, mais restent en velours et la minéralisation ne se produit pas (cerfs « à perruque »).

     

     

     


     

     

    LA QUESTION DU CHEVREUIL

     

     

     

    Le brocard perd ses bois en novembre-décembre, et la repousse recommence aussitôt.

     

    Ceci a pour conséquence qu’elle se déroule en hiver, par conséquent dans des conditions climatiques difficiles. La croissance des bois du brocard est par conséquent moins régulière et moins « prévisible » que celle du cerf, et les têtes bizardes plus fréquentes.

     

     

     

     

     

     

    Brocard mort en novembre, juste avant de perdre ses bois : la ligne de démarcation est bien visible

     

     

     

     

     

     

     

     

    La question que tout le monde se pose est donc : mais pourquoi diable perdent-ils leurs bois en novembre-décembre, exposant par conséquent la repousse à des conditions plus difficiles ?

     

    La réponse est en fait simple, mais ne fait que déplacer le problème.

     

    Ils perdent leurs bois en novembre-décembre simplement parce que c’est à cette époque que leur taux de testostérone est le plus bas.

     

    Et pourquoi est-il le plus bas à cette époque ?

     

    Parce qu’il est à son maximum au moment de la période de reproduction qui est en juillet-août.


     

     

    La véritable question est pourquoi celle-ci se situe en été et pas en automne comme les autres cervidés, alors que la période de gestation est la même, ce qui oblige la chèvre à différer, par une astuce incroyable, la mise bas par le mécanisme de diapause embryonnaire.

     

    Tous les faons des cervidés naissent en effet entre mi-mai et mi-juin de façon à vivre leurs premiers jours dans des conditions climatiques plus favorables et à profiter d’une nourriture abondante.

     

     

     

     

     

    Il y a donc dans le processus d’évolution de l’espèce « quelque chose », mais que nous ignorons, qui a fait que l’espèce chevreuil trouve un avantage à avoir sa période de reproduction à ce moment.

     

    Ce « quelque chose » reste à ce jour mystérieux. Ce n’est en tout cas pas un problème de concurrence avec le cerf, les deux espèces s’évitant, et il n’y a pas de raison logique qu’ils ne puissent être en rut au même moment.

     

    Le brocard a donc son taux de testostérone maximal en juillet-août, ensuite il baisse, il perd ses bois en novembre-décembre, et entame sa repousse aussitôt.

     

    Logique ? Pas vraiment. En fait, il n’est pas vraiment « obligé ».

     

    En effet, le renne et l’élan perdent leurs bois en novembre-décembre, mais par contre la repousse est « bloquée » et ne commence réellement qu’en avril-mai.

     

    Pour une raison évidente d’adaptation, du fait de l’habitat plus nordique, à savoir éviter que la repousse ne se fasse en hiver et ne commence que quand les conditions climatiques sont favorables.

     

    Il est vraisemblable que ce ne soit pas le cas pour le chevreuil, habitant de contrées plus chaudes.

     

     

     

     

  • MODE PRIORITE AU DIAPHRAGME

     

     

    Tous les photographes, à partir d’un certain degré d’expertise, travaillent en mode priorité au diaphragme (cf. article PSAM).

     

    Mais en pratique, comment cela fonctionne-t-il et comment faire les réglages ?

     

    Une fois que vous avez choisi le mode A, il vous reste deux paramètres à régler manuellement : l’ouverture, c’est-à-dire le diaphragme, et la sensibilité. La vitesse suivra automatiquement, et c’est précisément celle-ci  que vous devrez déterminer.

     

    Quelles sont les conditions pour avoir une photo nette ?

     

    La première, évidemment, est la mise au point.  A ce niveau, les autofocus ont atteint un degré de performance et de sophifistication  tels que vous pouvez leur faire une confiance (quasiment) aveugle.

     

    Excepté la branche indésirable qui vient se mettre entre votre objectif et la tête de l’animal, les autofocus actuels feront la mise au point de façon bien plus précise et plus fiable que votre œil (surtout si vous souffrez d’un problème de vision).

     

    La deuxième est la vitesse d’obturation nécessaire. Rappelons une fois encore, que pour obtenir une photo nette, la règle est que la vitesse d’obturation doit être au moins équivalente à la focale de l’objectif.  Autrement dit, pour une photo prise avec un 500 mm, une vitesse de 1/500° de seconde est indispensable.  Cette règle vaut pour une photo prise à main levée. Sur pied, vous pouvez bien entendu descendre nettement plus bas, pour autant que l’animal soit immobile (cerf 60° de seconde).

     

    S’il est en mouvement, la vitesse devra être d’autant plus élevée que le mouvement sera rapide (chevreuil 640° de seconde).

     

    Exemple : photo de cerf bramant au 1/200° et au 1/250° de seconde : sur la première, la vitesse d’obturation est insuffisante pour « figer » l’extrémité des bois du cerf qui sont flous, alors qu’ils sont nets sur la seconde.

     

    Moralité : avant de déclencher, attendez que le sujet s’immobilise.

     

    Imaginez donc que vous êtes en train de photographier un cerf.  Vous êtes confortablement installé dans votre affût, le téléobjectif solidement fixé sur un robuste trépied, et le cerf s’arrête, et lève la tête. Les indications dans le viseur indiquent  que vous êtes au 1/500° de seconde.

     

    La vitesse est suffisante et vous avez encore de la marge. Pour améliorer la qualité de l’image, vous pouvez agir sur deux paramètres : le diaphragme et la sensibilité.

     

    Vous disposez d’un 500 mm f4 et êtes à l’ouverture maximale, soit f4.

     

    Il faut savoir que le rendu maximal d’un objectif se situe généralement aux environs de f8.

     

    Vous avez donc l’opportunité de « visser » le diaphragme, la vitesse tombant dès lors au 1/60° de seconde, suffisante pour obtenir un cliché net sur pied, quitte à « réouvrir » instantanément le diaphragme  si l’animal se met en mouvement.

     

    L’autre paramètre est la sensibilité. Plus elle est élevée, plus grande sera la vitesse d’obturation disponible. La sensibilité, exprimée en ISO ou ASA s’échelonne de 100 à  25600 pour les boîtiers les plus récents. Plus la sensibilité est élevée, plus vous aurez la possibilité de réaliser des clichés dans des conditions de lumière difficiles, mais en contrepartie, la qualité de l’image en pâtira, avec, en particulier, l’apparition d’un « grain ».

     

    Les réflex numériques offrent l’incomparable avantage de pouvoir modifier la sensibilité  directement sur le boîtier, contrairement aux argentiques, ou il fallait, soit changer de bobine (et donc  parfois sacrifier un bobine inachevée), soit se coltiner avec deux, voire trois boîtiers différents.

     

    En résumé donc, l’obtention d’une photo de qualité résulte  d’une savante chimie de manipulation du diaphragme, de la sensibilité et, en fonction de ceux-ci,  de la vitesse obtenue.

     

    Cet art de juger quelle sera la meilleure combinaison et d’arriver à changer les différents paramètres en manipulant les boutons tout en gardant l’œil dans le viseur ne s’acquiert que par l’expérience.

     

    Il ne vous reste plus qu’à vous précipiter dans le bois pour exercer votre habileté, après, bien entendu, avoir soigneusement épluché le mode d’emploi de votre appareil.

     

    JLJorion

     

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