• PHOTOGRAPHIER LA BECASSE DES BOIS

     

     

     

    La bécasse des bois est un oiseau mythique, et à mon avis, un des plus beaux qui soient.

     

    Lorsque, par une belle journée ensoleillée de mars, on se promène à la billebaude dans la forêt,  la bécasse, tapie dans le couvert du taillis, confiante en la discrétion de son plumage, ne s’envole que lorsqu’on l’approche de trop près et  s’empresse de disparaître entre les arbres après quelques zigzags.

     

    L’image furtive que l’on a de l’oiseau en vol, passant devant nous, son œil brillant, immense, d’un noir profond que font ressortir ses paupières blanc crème  nous fixant d’un regard curieux, est certainement un des plus beaux spectacles que la nature nous offre.

     

    Bien entendu, il est illusoire, dans ces conditions, même pour le photographe le plus rapide, le plus expert, et le mieux équipé, d’espérer pouvoir fixer cette image fugace.

     

    Comment faire, alors ?  Si on la découvre sur son nid, elle est réputée rester immobile,  quoique ce ne soit pas une règle absolue : parfois elle restera se laissant approcher très près, parfois elle s’envolera.  Personnellement, je n’ai jamais eu la chance d’en découvrir une, et les quelques nids qui m’ont été renseignés, le temps de me rendre sur l’endroit indiqué, la bécasse avait vidé les lieux.

     

    La légende dit qu’elle est capable de se déplacer en  emportant ses œufs sous ses ailes…

     

    Bref, il faut soit la chercher, mais sa rareté, son mimétisme, et la densité de végétation dans laquelle elle a l’habitude de se tenir rendent la tâche impossible : autant chercher une aiguille dans un botte de foin.

     

    On peut aussi l’affûter, mais encore faut-il avoir un bon coin, une grande expérience et beaucoup de patience.

     

    Elles se tiennent dans des fonds boisés, marécageux ou humides, le long des ruisseaux bien exposés

     

    Un indice de présence est sa fiente, poétiquement appelée « miroir », mais il n’est pas évident, sauf pour un spécialiste, de la distinguer de celles d’un autre oiseau.

     

    Au soir, elle quitte sa remise et va prospecter les prairies à la recherche de terrains humides qu’elle sonde de son long bec, en quête de lombrics et de larves souterraines.

     

    C’est à ce moment que l’on a le plus de chances de l’apercevoir : cela m’est arrivé à plusieurs reprises dans mes quêtes nocturnes, à la recherche du moyen-duc, d’en apercevoir une, le long du chemin.  Photographie au flash indispensable.

     

    Les bords de chemins sont un site fréquent d’observation : la terre meuble et humide est riche en lombrics, et, plus prosaïquement, elles sont plus à découvert : combien de fois ne sommes nous pas passés, parfois très près, sans nous douter de sa présence !

     

    Avec beaucoup de chances, il est parfois possible d’en surprendre une attardée, au petit matin, dans la lumière du jour……

     

    Autre possibilité, théorique : la croule.  Le soir, au mois de mars, les mâles survolent les bois en suivant les allées forestières. Le plumage gonflé, à lents battements d’ailes, ils recommencent toujours le même circuit, lançant un double ou triple croassement ; croo-croo suivis de sifflements très aigus, touissik. L’activité  cesse à la nuit pour reprendre brièvement à l’aube.

     

    Mais les quelques fois que j’ai pu assister à ce spectacle, l’oiseau volait haut dans le ciel  au crépuscule, et la scène impossible à photographier.

     

     

     

    JLJorion

     

     091202_bécasse.jpg

     














    120413-bécasse-c-copie.jpg