• 25 ANS DE PHOTOGRAPHIE ANIMALIERE

     

    17 février 1988. 10h00 du matin. Le temps est gris et calme.

    Je suis installé sur un mirador, quelque part en Ardenne, devant une grande mise à blanc, couverte de genêts.

    3 jeunes cerfs passent en silence.

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    C’est pour moi la première photo « correcte » que je réussis à faire, et qui garde tout son charme par l’ambiance de « tableau » qui s’en dégage.

    Cette date est celle que je considère comme le début de mon activité de photographe animalier.

    Cela fait 25 ans, et c’est l’occasion de revenir en arrière sur l’évolution de la technique.

    A cette époque, j’étais équipé d’un boitier Nikon FE que mon père m’avait offert pour  mes 21 ans (20.000 FB à l’époque !) et d’un objectif à miroir Tamron 500 mm f8.

    Objectif léger, peu coûteux et maniable, mais luminosité limitée par le diaphragme et mise au point  laborieuse.

    En 1993, j’ai fait l’acquisition de mon premier « vrai » téléobjectif : un Nikon 400 mm f3.5 (209.000 FB prix catalogue). A l’époque, je pense que l’on pouvait compter sur les doigts de la main les photographes animaliers en Belgique qui disposaient de ce genre d’objectif.

    Actuellement, je reste sidéré par le nombre de « jeunes »  photographes qui débutent en acquérant un super téléobjectif 500 mm f4, alors que l’on ne répète pas de dire que « c’est la crise ».

    A l’époque, film argentique, évidemment, pas de moteur, il fallait réarmer après chaque déclenchement.  

    Ensuite sont apparus les moteurs et l’autofocus, ce qui permettait de réaliser des clichés en rafale pour la photo d’action.

    Les films et le développement  étaient coûteux, on regardait à la pellicule, et je passais beaucoup de mon temps à courir chez le photographe pour déposer les films et autant pour revenir les récupérer.

    Ensuite, en 2004, j’ai acquis mon premier reflex numérique. Un Nikon D70.

    Une véritable révolution.

    En fait, une triple : premièrement,  l’effet de recadrage du fait du petit capteur équivaut à une conversion de focale de 1.5 : un 500 mm devient, comme par magie, un 750 mm !

    Deuxièmement, la possibilité de changer de sensibilité sur le boitier : on pouvait passer de 100 à 1600 ISO. Du temps de l’argentique, on était obligé de partir avec 2 boîtiers, l’un chargé avec du 400 ISO et l’autre du 1600 ISO (dont la qualité d’image était épouvantable).

    Actuellement, les boîtiers montent allègrement jusque 25.600 ISO, avec une qualité d’image en haute sensibilité inimaginable en argentique.

     

    Trois ièmement, visualisation directe du résultat : du temps de l’argentique, prenant une semaine de vacances au brame, je devais attendre que la semaine soit finie, ensuite trouver le temps d’aller chez  le photographe déposer les bobines, attendre qu’elles soient développées,  le temps de les trier et de faire des tirages, le brame était fini et les cerfs partis vers d’autres horizons.

    Actuellement, de retour de la séance d’affût, les images sont transférées sur l’ordinateur, triées, recadrées, et envoyées le jour même chez le garde et le gestionnaire.

    A la même époque, le développement d’internet a permis une émulation extraordinaire.

    Il y a 20 ans, les photographes animaliers étaient des gens discrets, mystérieux, passant tout leur temps libre à essayer de faire de clichés, qu’ils gardaient secrètement, jalousement, de même que leurs « bons coins ».

    Actuellement sont apparus des forums de photographie animalière et ont fleuri d’innombrables concours, qui ont permis de voir apparaître de nouveaux et nombreux talents.

    Quand on voit l’évolution de la technique sur  25 ans, avec l’apparition de fonctions et possibilités inimaginables en 1988, on se prend à rêver sur les développements futurs et sur les appareils qui existeront dans 25 ans : combien de fois ne me suis-je pas dit : si j’avais un appareil photographique dans les yeux, ce serait possible d’immortaliser des scènes trop fugaces pour être captées par l’appareil photo : par exemple, l’œil d’une bécasse qui décolle à mes pieds.

    Pourquoi pas un casque ou des lunettes permettant de faire de photos ?

    Après tout, Canon a déjà inventé l’autofocus piloté par l’œil.

    Rien n’est donc impossible.

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    une des dernières photos de cerf que j'ai prise en 2013

    techniquement parfaite, mais quand même pas le même charme.............