ETHIQUE EN PHOTOGRAPHIE ANIMALIERE

 

Un  des principes essentiels de la photo de nature est de respecter au maximum la réalité, ce qui a été observé.

Il y a des règles strictes, « d’éthique », visant à limiter toute transformation de la photo et à exclure les clichés qui auraient été faits dans des conditions non naturelles.

Ces règles sont énumérées dans les règlements  des concours de photo de nature

La première règle concerne la prise de vue : sont interdites les photos prises au nid, ou toute prise de vue trahissant un dérangement manifeste de l’animal.

Bien entendu,  cela doit être nuancé : certaines photos sont prises au nid, mais vu le risque de dérangement, ou d’abandon du nid mettant en péril les oisillons, ce type de prise de vue doit être réservé à des photographes experts,respectant toute une série de règles, de façon à éviter le dérangement.

Ces photos, d’une manière générale, sont d’ailleurs habituellement dépourvues de tout aspect esthétique et  n’ont d’intérêt que didactique.

Personnellement, pour ma part,  je n’ai jamais été un acharné de cetype de prise de vue, et je les ai actuellement complètement abandonnées, hormis de rares exceptions (nid bien visible comme par exemple ce nid de faucon crécerelle situé dans un bâtiment : les photos ont été prises dans à partir de mon véhicule stationné dans le parking en face de ce bâtiment, les jeunes sont déjà grands et prêts à l’envol).

nid faucon crecerelle.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Egalement les photos témoignant d’un dérangement manifeste de l’animal : à cet égard, les photos prises en battue, par exemple.

Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’il est interdit de prendre ce genre de photos, qui ont par ailleurs un intérêt didactique (pour illustrer un article sur la chasse, par exemple), mais simplement , ne pas essayer de faire croire au public qu’elles ont été prises « par hasard au cours d’une promenade ».

Autre règle : la photo doit en principe concerner des animaux libres, en milieu naturel.

La photo d’animaux captifs, ou prises en parc est proscrite, ou, à tout le moins, doit être déclarée comme telle. En cas, la nuance est parfois subtile : une photo de lion dans un zoo est manifestement concernée. Un cerf pris dans un parc clos de 100 ha est plus que discutable.

Un lion dans  un parc Africain sera accepté…

Ou est la limite ?

Les règles suivantes concernent les retouches éventuelles : celles-ci doivent se limiter à des interventions minimes visant à optimiser l’image sans la dénaturer.

Sont admis : la retouche des niveaux, la balance des blancs, et une accentuation de la netteté, le tout devant rester dans des limites raisonnables.

Le recadrage est habituellement limité à 20% de la surface de l’image

Sont interdits : ajoute ou retraits d’éléments (par exemple retirer les branches, comme sur la photo ci-jointe).

cerf ballon a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cerf ballon b.jpg

La branche qui passe devant la tête du cerf a été supprimée : l’effet esthétique est évident, mais cela constitue une cause d’exclusion pour un concours photo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De toute manière, en cas de concours, si par bonheur une de vos photos est sélectionnée, l’organisateur vous demandera de fournir le cliché original (« RAW »), exempt de toute retouche préalable, de façon à juger de votre honnêteté.

Toute tricherie fera mettre l’auteur au ban de la société des photographes animaliers : par exemple, il y a quelques années, une photo d’un loup en train de sauter une clôture, avait été primée au prestigieux concours de la BBC, soi-disant, prise en milieu naturel et sauvage.

Peu de temps après, une « bonne âme », avait dénoncé les circonstances de prise de vue, et démontré que cette photo avait en réalité prise dans un parc, avec un animal semi-apprivoisé.

L’opprobre a aussitôt été jeté sur l’auteur de la photographie, qui a dû rendre son prix (en espèces), et a été définitivement exclu de la société des photographes de nature.

Il est vraisemblable que l’auteur a été obligé de se convertir dans le people, activité nettement plus lucrative par ailleurs.

Ces derniers temps sont apparus des témoignages (ou des dénonciations) parfois hallucinantes, en particulier en matière de macrophotographie : animaux congelés, fixés avec des fils sur le support, bref des dérives invraisemblables pour essayer d’obtenir « le » cliché qui sera primé à un concours.

Comme vous pourrez le constater, le milieu de la photographie de nature n’est pas exempt de dérives, contrairement à ce qu’on pourrait le croire...

 

 

 

Les commentaires sont fermés.